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Des cendres du Carême vers les braises de Pâques…

Edito de l'Eglise en Corrèze - Février 2018

Le 8 janvier, jour de la Fête du Baptême du Seigneur, dans le prolongement de Noël et de l’Epiphanie, nous avons reçu un beau cadeau du Ciel : l’arrivée au monastère du Jassonneix de la fraternité des Sœurs Bernardines du diocèse de Moulins ! J’ai présidé, ce jour-là, dans la chapelle du monastère la célébration eucharistique qui marquait leur installation officielle en ce lieu.

Pour le moment, seulement quelques-unes d’entre elles habiteront au monastère, en attendant que la Communauté complète les y rejoignent, après que quelques travaux auront été effectués. C’est vraiment une grâce pour notre diocèse qu’une communauté contemplative d’une douzaine de jeunes religieuses puisse prendre la suite des moniales de l’Abbaye de La Coudre, sœurs Joëlle, Monique, Dominique et Yvette. Je tiens à exprimer à ces dernières la reconnaissance du diocèse pour leur présence au Jassonneix durant de nombreuses années et leur  accueil à des groupes ou personnes qui aimaient s’y réunir pour des retraites ou récollections et qui pourront ainsi continuer à le faire. Sœur Joëlle et sœur Monique continueront de résider au Jassonneix dans une maison située en bas du monastère.

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Le temps de Noël achevé, nous sommes entrés dans le temps liturgique « ordinaire » depuis le 9 janvier. Il sera de courte durée, puisque le 12 février, mercredi des Cendres, nous commencerons le temps du Carême qui nous conduira vers la célébration la plus importante du cycle liturgique annuel, le Triduum pascal. Pour célébrer fructueusement les grands mystères de notre salut que sont l’Incarnation et la Rédemption, l’Eglise, dès les premiers siècles, a institué le temps de l’Avent et le temps du Carême.Ce dernier, comme son noml’indique (Quadragesima  en latin), consiste en une quarantaine de jours marqués par la Pénitence.

Ce mot nous est devenu assez peu familier et pourtant il est riche de sens pour le chrétien. Faire pénitence consiste à emprunter un chemin de conversion, c’est-à-dire à ‘s’entraîner’ à se détourner du péché pour se retourner résolument vers Dieu. Le signe des Cendres, qui inaugure ce chemin,est accompagné d’une parole par le prêtre qui impose les cendres sur le front du pénitent : « convertissez-vous et croyez à l’Evangile ». Ce sont les premières paroles de Jésus dans l’évangile selon saint Marc (1, 15). Il est bien clair que l’appel à la conversion ne concerne pas que le temps du Carême, mais le fait qu’il existe chaque année 40 jours pour s’y consacrer davantage, dans le jeûne, la prière et le partage, permet justement de ne pas oublier qu’on n’a jamais fini de se convertir, qu’on n’a jamais fini de « se retourner » vers Dieu et d’accueillir l’Evangile du Salut. Jésus, qui était sans péché et qui n’avait pas besoin de seconvertir, s’est pourtant identifié aux pécheurs, au point d’être« le modèle des pénitents » ; il a pris sur lui nos péchés, il les a portés sur le bois de la Croix pour nous obtenir la justification et donc le salut. C’est par lui que nous sommes rendus justes. C’est une grâce ! Se faire pénitent, c’est essentiellement prendre les moyens d’accueillir cette grâce de la réconciliation et du salut. Le temps liturgique nous permet de vivre cela en Eglise, même si la conversion est quelque chose d’éminemment personnel. Nous nous soutenons les uns les autres, nous nous portons mutuellement dans la prière, la pénitence et la charité. 

Je vous souhaite un bon temps du Carême, une bonne montée vers Pâques !

 

Votre évêque,

+ Francis BESTION