Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Le regard de la foi

Edito de l'Eglise en Corrèze - Juin 2018

 

 L’année jubilaire des 700 ans du diocèse nous donne l’occasion de relire l’histoire de notre Eglise. C’est ainsi qu’un colloque historique s’est tenu récemment à Brive, avec des conférences d’une grande qualité ; plus récemment encore, à Rosiers d’Egletons, Mme Anne Massoni a donné une conférence fort intéressante sur les papes limousins du XIVème.

 On pourrait aussi s’interroger sur l’avenir, mais là, les choses deviennent plus difficiles car il n’y a pas de science du futur, à moins de faire de la science-fiction…

 Quant au présent, on peut toujours dire qu’on manque de recul pour l’analyser et le bien comprendre…

Qu’il s’agisse du passé, du présent ou de l’avenir de l’Eglise en Corrèze, on peut porter des regards différents et complémentaires. Il y a le regard de l’historien, celui du sociologue, pourquoi pas aussi le regard d’une certaine science de la prospective, même s’il est plus hasardeux ; bien  sûr le regard du philosophe et celui du théologien. A partir de méthodes qui leur sont propres, chacun de ces regards se veut critique et objectif ; tous s’appuie sur la raison humaine.

Cependant, il ne faudrait pas oublier un autre regard, celui de la foi ! A-t-elle quelque chose à dire sur le passé, le présent et le futur de notre Eglise ? Sans aucun doute. L’Eglise, en effet, dans son histoire passée, présente et à venir, peut faire l’objet d’études plus ou moins scientifiques puisqu’elle est une réalité inscrite dans l’histoire des hommes et mêlée aux évènements politiques, économiques, sociaux, etc. Mais, parce qu’elle est d’abord et essentiellement une réalité d’ordre « mystique », elle échappe en partie au seul regard critique du scientifique, au seul regard de la raison. Le regard du chrétien sur l’Eglise doit être celui de la foi puisqu’il s’agit d’une réalité humano-divine.

 Regardons par exemple les commencements de l’Eglise. Le regard critique de l’historien pourrait sans doute dire que saint Paul est le fondateur du christianisme. Certains l’ont dit. Le regard chrétien sait pourtant qu’il n’en est rien ! Il suffit de lire le livre des Actes des Apôtres pour se rendre compte que le véritable protagoniste de la mission évangélique c’est l’Esprit-Saint ! A tel point que ce petit livre mériterait plutôt de s’intituler « les Actes de l’Esprit-Saint ». En alla-t-il autrement pour les siècles qui suivirent, jusqu’à nos jours ? En ira-t-il autrement pour l’avenir de l’Eglise ? Le regard de foi nous apprend à discerner l’œuvre de Dieu à chaque page de l’histoire de l’Eglise ! Comme il nous apprend à discerner son œuvre dans chacune de nos pauvres vies. Ce qu’aucun scientifique ne peut faire, car l’œuvre de Dieu échappe au seul regard de la raison. La science n’épuisera jamais le réel.

  Le jubilé des 700 ans de notre Eglise diocésaine est une invitation à aiguiser notre regard de foi sur son passé, son présent et son futur. Le regard des sciences humaines n’épuise pas la réalité de la fondation de l’Eglise de Tulle par le pape Jean XXII au début du XIVème siècle, pas plus qu’il n’épuise la réalité des évènements qui ont marqué l’histoire du diocèse depuis sept siècles, pas davantage que la réalité que nous vivons présentement avec les difficultés inhérentes à notre société sécularisée et laïcisée ; et que pourrait-il dire sur l’avenir de cette Eglise ? En revanche, le regard de la foi permet de déceler l’action de l’Esprit-Saint qui fait avancer au large la barque de l’Eglise, malgré les vicissitudes de l’histoire et malgré les péchés des membres de l’Eglise et les péchés du monde. Le regard de la foi ouvre aussi à l’Espérance, car, quoi qu’il en soit de l’état futur de la société et du monde en général, nous savons que le Seigneur Jésus n’abandonnera jamais son Eglise : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).

Votre évêque,

 + Francis