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19 mai 2017 - Obsèques du diacre Jean Lescure

Eglise du Sacré-Cœur des Rosiers - Brive

Cette page d’évangile du Lavement des pieds, qu’on lit habituellement le Jeudi Saint, c’est M. Jean Lescure qui avait souhaité qu’on l’écoute pour la messe de ses obsèques.

Jésus, la veille de sa passion, au cours du repas pascal avec ses Apôtres, prend un linge qu’il noue à sa ceinture, et il se met à genou devant chacun de ses disciples pour leur laver les pieds – geste que les esclaves faisaient pour leur maître.

En accomplissant ce geste, Jésus nous a laissé comme un Testament ; un testament pour tout baptisé, et plus encore pour ceux qui reçoivent l’Ordre sacré du diaconat, du presbytérat et de l’épiscopat. « Ce que j’ai fait pour vous, faites-le les uns pour les autres ».

Si notre frère Jean a choisi cette page d’évangile, c’est bien sûr parce qu’il s’est reconnu dans ce geste de Jésus. C’était peut-être d’ailleurs le texte d’évangile lu pour son ordination diaconale. Se mettre à genou pour servir ses frères, en imitant le Christ Serviteur, Jean avait choisi de le vivre en devenant diacre. Ce mot veut dire « serviteur ». L’évêque l’avait appelé pour ce service, pour ce ministère ordonné, et il avait répondu généreusement. Hier soir, j’ai lu la lettre qu’il avait adressé à Mgr Froment pour lui exprimer sa disponibilité à recevoir le sacrement de l’Ordre. Entre autres, il y écrivait, en parlant de la Maison Saint-Joseph : « je veux demeurer jusqu’au bout le serviteur fidèle de cette maison ». Et c’est bien là, en effet, à la Maison Saint-Joseph, que, pendant de nombreuses années, il a vécu sa mission diaconale au service des prêtres aînés ; avant de devenir lui-même un résident de cette maison (il ne l’a quitté qu’il y a quelques semaines pour être hospitalisé et rejoindre ensuite un EHPAD).

Son ministère diaconal, Jean l’a aussi vécu en grande partie, ici, à la paroisse du Sacré-Cœur. C’est là qu’il a exercé fidèlement la triple diaconie de la liturgie, de la Parole et de la charité, en aidant le Père Jean-François Sierra dans sa charge curiale. Il y a deux ans, lorsque le Père Sierra est tombé malade et n’a jamais pu reprendre son service, le Père Rigal, doyen, a assuré la suppléance, mais le diacre Jean Lescure était toujours là, se faisant un devoir, malgré sa fatigue, d’assurer une sorte de permanence, de présence ministérielle auprès des paroissiens.

Si le geste du lavement des pieds a été comme le testament de Jésus, on peut dire aussi, toute proportion gardée, qu’il est aussi le testament du diacre Jean Lescure. « Si je vous ai lavé les pieds, vous devez vous laver aussi les pieds les uns aux autres ». « Un serviteur n’est pas plus grand que son Maître ».

Le ministère diaconal dans l’Eglise, avant le Concile Vatican II, était pratiquement réduit à une sorte de decorum liurgique pour ceux qui se préparaient à recevoir l’ordination sacerdotale. Dans les messes pontificales, la présence liturgique des sous-diacres et des diacres était requise. En restaurant le diaconat permanent, et en y admettant des hommes mariés, le Concile Vatican II a retrouvé le sens profond de ce ministère, tel qu’il avait existé dans les six premiers siècles de l’Eglise : un ministère qui rappelle à toute l’Eglise sa mission de servante, à la suite du Christ Serviteur. Dans le service de la liturgie, de la Parole de Dieu et de la charité, consacrés à la diaconie de l’Eglise par l’imposition des mains de l’évêque et le don du Saint-Esprit, les diacres aident l’évêque et les prêtres pour que tous les membres du Peuple de Dieu soient fidèles à la grâce de leur baptême qui a fait d’eux des prêtres, des prophètes et des rois. Dans les missions que l’évêque leur confie, les diacres acceptent, comme le Christ, de nouer le tablier et de servir leurs frères. C’est un beau ministère qui demande beaucoup d’humilité, car les diacres n’occupent pas « le devant le scène ». C’est visible dans la liturgie où ils sont derrière le prêtre, à l’autel. La diaconie de la charité, qui est le cœur de leur ministère, s’accomplit souvent dans l’ombre, dans la discrétion, dans des actes qui ne font pas la une des journaux, pas même ceux de l’Eglise, et qui, pourtant, sont si précieux parce qu’à travers eux, c’est encore le Christ qui prend soin des malades, des petits, des oubliés, des isolés, des pauvres. Les prêtres sont les mains de l’Evêque pour exercer le ministère de pasteur ; les diacres sont les mains de l’évêque pour exercer le ministère de la diaconie.

M. Jean Lescure a été ordonné en 1986, comme M. Marcel Parussie. Avant eux, il y avait eux cinq diacres, dont M. Jean-Yves Gobert qui est ici parmi nous. Après eux, il y en a eux 7, dont Patrick et Alain, les derniers ordonnés, il y a presque 2 ans. J’espère qu’il y en aura d’autres dans les années qui viennent, pour que le ministère apostolique confié aux évêques puisse continuer de s’exercer en Corrèze dans toutes ses dimensions, y compris celle de la diaconie qui ne peut pas être une option. C’est dans la variété des ministères ordonnés que le Christ Prêtre, le Christ Pasteur, le Christ Serviteur continue son œuvre de salut pour l’humanité. Il a toujours besoin d’ouvriers pour aller travailler à sa Vigne, des ouvriers comme Jean Lescure qui acceptent de répondre à l’appel de l’Eglise pour se mettre entièrement au service de leurs frères et sœurs. Prions le Maître de la Moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson pour que l’Evangile soit annoncé, les sacrements célébrés, le peuple chrétien guidé, la diaconie vécue. Amen.

+ Francis Bestion

Evêque de Tulle

 

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