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Mardi 1er avril 2015 - Messe chrismale

Cathédrale de Tulle

"Puisque tu nous as consacrés dans le Christ, fais que nous soyons pour le monde les témoins d'un Evangile de Salut" : telle est la demande que nous avons adressée au Père, dans la prière d'ouverture de cette messe. L'Evangile nous a rappelé que Jésus, comme l'annonçait le prophète Isaïe, a été consacré par l'onction de l'Esprit Saint, pour consoler ceux qui pleurent et répandre sur eux l'huile parfumée de la joie. Quant à nous, par notre baptême et notre confirmation, nous avons aussi été consacrés, dans le Christ, pour devenir des serviteurs de Dieu et de nos frères. Le saint-chrême a marqué nos fronts pour une consécration éternelle. Nous avons reçu l'onction des prophètes, des prêtres et des rois, qui nous a rendu aptes à témoigner de l'Evangile, à rendre un culte à Dieu par l'offrande spirituelle de notre vie et à servir nos frères et sœurs dans la charité. Le chemin pascal dans lequel s'engage Jésus dans sa Passion préfigure en quelque sorte notre propre chemin où les disciples que nous sommes sont appelés à le suivre, en prenant sur eux le poids de la croix.

Frères et sœurs, ce soir, je voudrais d'abord vous inviter à entrer dans l'action de grâce du Christ. En lui, nous bénissons Dieu de nous avoir associés et intégrés au Mystère de son amour par notre communion à sa vie trinitaire, tout particulièrement dans les sacrements de l'Eglise. C'est une grande source de joie que le fait d'être chrétiens, disciples de Jésus et, par conséquent, conformés au Christ.

Nous ne sommes pas pour autant rendus aveugles et insensibles aux vicissitudes du temps que nous vivons. Notre joie ne fait pas de nous des sortes d'extra-terrestres ou de doux rêveurs. Pas plus que nos contemporains, nous n'échappons aux réalités parfois douloureuses de la condition humaine. Nous affrontons les souffrances, les maladies, la mort ; nous sommes éprouvés par les crises économiques et sociales, nous vivons les inquiétudes pour nos familles et ceux qui nous sont proches. Oui, nous partageons avec nos frères et sœurs en humanité, ce qui fait le quotidien de l'existence terrestre. En revanche, ce qui nous distingue, sans pour autant nous mettre à part, c'est que la force du Christ répandue en nos corps, en nos âmes et nos esprits nous permet de résister à la tentation du découragement et de porter témoignage au sujet de la puissance de la vie divine qui nous habite. Nous aussi, nous sommes faibles et fragiles, mais rendus capables, par une force qui ne vient pas de nous, d'assumer notre condition humaine, nous devenons porteurs et témoins d'une Espérance qui nous dépasse.

Comme beaucoup de nos contemporains, nous éprouvons les blessures de la vie sociale. Mais nous croyons qu'il est possible, au-delà des intérêts particuliers et catégoriels, de développer une véritable solidarité universelle.

Comme beaucoup de nos contemporains, nous éprouvons, dans nos familles, le poids de la division et de l'échec, la souffrance de l'amour trahi, mais l'expérience de l'amour indéfectible de Dieu nous permet tout de même d'avoir l'audace de croire possible l'engagement pour un amour durable.

Comme beaucoup de nos contemporains, nous expérimentons les difficultés dans le domaine de l'éducation des jeunes, mais nous croyons que, guidés par l'Evangile, il est possible d'aider les enfants à grandir dans une connaissance du bien et du mal pour qu'ils conduisent leur vie d'une manière juste et raisonnable.

Comme beaucoup de nos contemporains, nous redoutons la souffrance et la mort, mais nous refusons de nous ériger en maître de la vie et de la mort comme si la dignité de l'homme l'appelait à choisir le moment de mettre fin à sa vie ou à celle des autres. Nous voulons respecter la vie, de son commencement à sa fin naturelle, en prenant soin jusqu'au bout, en les soulageant, de nos frères et sœurs arrivés en fin de vie.

Frères et sœurs, notre engagement à la suite du Christ est un choix de notre liberté. Ce choix nous conduit à des décisions concrètes dans notre vie quotidienne. Nous faisons l'expérience que pour vivre de la vie du Ressuscité, nous devons aussi suivre le chemin du Crucifié. Ce n'est pas une faiblesse, c'est une force. S'il y a aujourd'hui une puissance de l'Eglise, elle est là. Cette puissance, c'est celle de la foi agissante dans la personne des fidèles du Christ qui ne baissent pas les bras, mais qui oeuvrent bien souvent à contre-courant. Il s'agit de ceux qui se dépensent pour que notre société soit plus juste, qu'il y ait davantage de partage et de solidarité. Il s'agit de personnes malades, de personnes âgées qui offrent leur souffrance dans l'amour. Il s'agit des époux qui persévèrent, contre vents et marées, pour vivre fidèlement leur engagement de mariage. Il s'agit des jeunes qui luttent pour construire leur vie sur le roc et ne pas laisser s'éteindre leur idéal de générosité. Il s'agit des parents et des éducateurs qui donnent le meilleur d'eux-mêmes pour accomplir leur mission auprès des jeunes. Il s'agit des consacrés qui se donnent entièrement pour témoigner du Royaume de Dieu. Il s'agit des jeunes et moins jeunes qui acceptent de tout quitter pour suivre le Christ. Il s'agit des prêtres et des diacres qui se dépensent pour le service du corps ecclésial.

Avec le Christ et comme lui, nous pouvons exulter de joie dans l'Esprit-Saint devant tous ces fruits de l'amour dans la vie des baptisés. Et cela doit nous encourager à devenir toujours plus et chaque jour ces témoins de l'amour dont notre monde a tant besoin. Consacrés dans le Christ depuis notre baptême et notre confirmation, Dieu attend de nous que nous soyons pour ce monde les témoins de son Evangile de Salut. C'est notre mission.

Chers frères prêtres, au moment où nous allons renouveler ensemble les promesses de notre ordination, c'est l'occasion pour moi de vous manifester mon affection fraternelle et ma gratitude pour votre coopération, votre persévérance pour la mission, malgré, pour beaucoup d'entre vous, le poids des ans. Nous portons dans notre prière ce soir ceux qui n'ont pas pu se joindre à nous et particulièrement ceux qui sont malades.

Chers amis diacres, vous qui êtes associés de manière particulière au ministère de l'évêque et qui aidez l'évêque et les prêtres par votre ministère de service de l'Eglise parmi les hommes, je vous redis ma reconnaissance ainsi qu'à vos familles. Nous portons dans nos prières deux candidats au diaconat que je vais prochainement appeler officiellement et que, si Dieu le veut, j'ordonnerai à l'automne.

J'adresse aussi ce soir un appel aux jeunes de nos communautés. L'Eglise a besoin de vous. Elle a besoin d'hommes et de femmes qui s'engagent dans la vie de la société, au nom de leur foi. Elle a besoin d'hommes et de femmes qui s'engagent pour toujours dans la vie conjugale et fondent des familles chrétiennes. Elle a besoin d'hommes et de femmes qui acceptent de tout quitter et de vivre dans le célibat consacré en vue du Royaume de Dieu dans la vie religieuse. Elle a besoin d'hommes qui acceptent de répondre à l'appel du Christ pour le suivre en devenant prêtres ou diacres pour le service du corps ecclésial. Ne vous dérobez pas à l'appel du Seigneur, mais choisissez la joie du service !

Prions, frères et sœurs, pour les enfants qui seront baptisés, pour les adultes qui recevront les sacrements de l'initiation au cours de la Vigile pascale ou le jour de Pâque, et rendons grâce au Seigneur qui agrandit ainsi sa famille. Amen.

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