Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Dimanche 10 avril 2016 - 3ème dimanche de Pâques – Année C

Célébration de la Confirmation à l'église Saint-Jean-Baptiste d'ALLASSAC

 

Frères et sœurs, la Parole de Dieu, en ce 3ème dimanche de Pâques peut nous amener à nous poser deux questions :

- comment reconnaître aujourd'hui sur le rivage de nos vies la présence du Ressuscité ?

- Comment être les témoins du Ressuscité, comment nous mettre à son service ? En sommes-nous capables ?

 

Dans l'évangile de saint Jean, il est souvent question du "disciple bien-aimé", "le disciple que Jésus aimait". La tradition a reconnu saint Jean lui-même dans ce disciple. Mais il semble bien que l'évangéliste est en fait voulu que chaque lecteur puisse s'identifier à ce disciple anonyme, se considérer lui-même comme le disciple bien-aimé du Seigneur. Dans le récit d'aujourd'hui, il est dit que c'est le disciple bien-aimé qui reconnaît Jésus ressuscité se tenant sur le rivage du lac. Et c'est lui qui dit à Pierre : "c'est le Seigneur !" Qu'est-ce que cela signifie ? Ca signifie que c'est l'amour qui est le grand signe pour reconnaître la présence du Ressuscité sur le rivage de nos existences. Celui qui se reconnaît disciple bien-aimé porte en lui la capacité de reconnaître la présence du Christ ressuscité dans sa vie.

Hier, j'ai rencontré un groupe d'une dizaine d'adultes qui se préparent à recevoir le sacrement de la Confirmation. Tous ont été baptisés enfants, mais ensuite, ils ont laissé leur baptême en sommeil… Certains ont même dit qu'ils étaient devenus athées. La grâce de leur baptême était certes présente en leur âme, mais ils n'étaient pas capables de la reconnaître et d'en vivre. Ils vivaient comme s'ils n'étaient pas baptisés ; ils vivaient comme si Dieu n'existait pas. Certains n'avaient pas perdu la foi, mais leur foi était comme anesthésiée, comme endormie. Que s'est-il donc passé pour qu'aujourd'hui ces adultes – qui ont entre 20 et 50 ans – demandent à recevoir la Confirmation ?

Il s'est passé une rencontre avec le Ressuscité. Plus ou moins soudainement, ils ont reconnu un jour le Ressuscité sur le rivage de leur vie. Chacun a fait l'expérience de se sentir aimé par le Seigneur, d'être le disciple bien-aimé. Et alors, ils se sont jetés à l'eau, comme Pierre, pour aller le rejoindre. Ils ont retrouvé le chemin de l'Eglise ; ils ont compris que l'Eglise et le Christ ressuscité sont inséparables.

Et ce n'est pas tout ! En même temps qu'ils se reconnaissaient fils et filles bien-aimés du Seigneur, ils ont compris qu'ils doivent être ses témoins, c'est-à-dire ne pas garder pour eux le trésor de l'amour reçu. Ils l'ont compris parce qu'ils ont parlé à d'autres chrétiens de leur expérience de conversion. Et ces chrétiens – prêtres ou laïcs – leur ont dit qu'il leur manquait quelque chose pour être témoin du Christ. Il leur manquait le don en plénitude de l'Esprit-Saint. Cela s'appelle le sacrement de la Confirmation. La Confirmation – que sept jeunes, ici, vont recevoir dans quelques instants – c'est le sacrement qui fait d'un baptisé un témoin, parce qu'il reçoit l'onction du Saint-Esprit, signifiée par le signe du Saint-Chrême sur son front.

Parce qu'on se sait bien-aimé du Seigneur, on veut devenir son disciple et son témoin ; mais on sent bien qu'on n'y arrivera pas tout seul, par ses propres forces. Il faut recevoir une force d'en haut, une force divine. Cette force, c'est l'Esprit-Saint, l'Esprit du Père et du Fils. C'est cette force que Jésus, avant sa mort et sa résurrection, avait promis à ses disciples : "je vous enverrai l'Esprit-Saint, le Paraclet, le Défenseur qui vous donnera la force d'être mes témoins, d'être mes Apôtres". Et c'est ce qui s'est produit.

La première lecture, tirée du livre des Actes des Apôtres nous a raconté comment les Apôtres se sont mis à proclamer l'Evangile, comment ils ont vaincu leur peur de témoigner du Christ. On a bien voulu les faire taire (comme aujourd'hui on veut faire taire les chrétiens et on les persécute dans de nombreux pays, à cause de leur foi). Vous avez entendu ce que Pierre répond à ceux qui veulent le faire taire : "Nous sommes les témoins de ce qui est arrivé à Jésus, de sa mort et de sa résurrection ; nous en sommes témoins, grâce à l'Esprit-Saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent". Et le livre des Actes des Apôtres racontent l'épopée des Apôtres partant sur les routes, traversant la méditerranée, affrontant tous les dangers, subissant les persécutions, mais, grâce à l'Esprit-Saint, continuant inlassablement leur course. Le résultat, c'est que l'Evangile est arrivé jusqu'à nous.

Ces adultes qui vont recevoir le sacrement de la Confirmation le jour de Pentecôte, à la cathédrale de Tulle, et vous, les jeunes, qui allaient le recevoir aujourd'hui, vous êtes la preuve vivante de la présence du Ressuscité sur nos rivages, la preuve vivante que l'Evangile poursuit sa course grâce à l'Esprit Saint, l'Avocat, le Paraclet, le Défenseur, l'Energie de la vie de foi, d'espérance et de charité des baptisés.

Frères et sœurs, telle est notre joie, aujourd'hui. C'est la joie de Pâques, qui anime l'âme des témoins du Christ. C'est la joie du Christ, c'est la joie de l'Esprit Saint répandu dans nos cœurs. Je vous relis la fin de la première lecture : "Après avoir fait fouetter les Apôtres, ils leur interdirent de parler au nom de Jésus, puis ils les relâchèrent. Quant à eux, quittant le Conseil suprême, ils repartirent tout joyeux d'avoir été jugés dignes de subir les humiliations pour le nom de Jésus". C'est cela la joie de l'Evangile, la joie de la mission. Certains baptisés ne l'éprouvent pas, parce qu'ils sont comme les Apôtres avant de reconnaître Jésus ressuscité sur le rivage. Il leur manque de faire l'expérience d'être les disciples bien-aimés. Seule la découverte de cet amour pourra leur permettre d'aller rejoindre Jésus sur le rivage de leur vie et de devenir ses témoins. Cette expérience, ils pourront la faire s'ils rencontrent d'authentiques témoins du Ressuscité sur leur route, des témoins joyeux qui leur révèleront cette présence du Ressuscité. Frères et sœurs, demandons la grâce d'être de ceux-là, d'être des témoins fidèles du Seigneur, des apôtres dont notre monde a tant besoin pour retrouver la joie de l'Espérance. Amen.

 

+ Francis Bestion

Evêque de Tulle