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Rencontre avec Olivier Julia, peintre sur cuivre

En 2017, une rencontre entre Olivier Julia, peintre sur cuivre, et le père Nicolas Risso, curé d’Objat, a fait naître le début d’une histoire chargée de sens : la réalisation d’un chemin de Croix pour l’église de Saint-Robert.
Rencontre avec ce normand aux origines russes et grecques, inventeur d’une technique unique de « firepainting sur Cuivre », l'art de dessiner sur du métal avec le feu.
 
Comment avez-vous appréhendé cette commande toute spéciale ?

En art sacré ce thème de la Passion du Christ ne m’était pas du tout familier, bien que je sois croyant catholique. Alors j’ai essayé de prendre le sujet le plus honnêtement possible. Je me suis d’abord penché sur le récit de la torture et de la mise à mort d’un homme au temps des romains. J’ai lu les Evangiles, les synopses. J’ai aussi été lire les visions d’ Anne-Catherine Emmerich et de Maria Valtorta, deux grandes visionnaires. Ce sont des récits très réalistes et stupéfiants sur le caractère épouvantable de ce traitement et sur la façon dont le Christ assume ces tortures avec amour et pardon. J’ai lu un livre sur l’analyse détaillée du Saint-Suaire, regardé le film de Mel Gibson… et par ces biais je suis rentré réellement dans l’histoire de la Passion du Christ qui est un mystère.

Ensuite j’ai travaillé en croyant. J’ai essayé d’exprimer le fait qu’il s’agit du Christ, d’essence à la fois humaine et divine. Et parce qu’il s’agit du Christ, j’ai voulu représenter aussi
l’espérance, d’où le triptyque sur la Résurrection.

 

Dans quel état d’esprit avez-vous travaillé cette œuvre ?

J’avais le désir d’atteindre deux objectifs : d’abord, interpeller les jeunes, les enfants, les personnes non croyantes, qu’ils aient envie de connaître l’histoire de cet homme qu’est le Christ ; ensuite, que ce chemin de Croix puisse être sujet de méditation et de prière pour tous.

Avez-vous utilisé des techniques particulières pour ce chemin de Croix ?

Les patines dorées me sont venues au cours de cette réalisation. Cette technique, que je garde secrète, m’a permis de faire entrer la lumière autour de la figure du Christ. C’est comme un cadeau que j’ai reçu pour cette œuvre. J’ai également joué sur les techniques pour manifester la divinité du Christ qui avance avec la souffrance et endosse davantage l’humanité. D’abord représenté à l’encre de chine sur le modèle de la calligraphie chinoise, le corps du Christ devient plus humain à partir de la flagellation…

 J’ai utilisé l’encre de chine avec le pinceau chinois, un pinceau muni d’une réserve d’encre qui peut la restituer  selon l’appui et le geste que l’on pose. C’est l’art de la calligraphie chinoise, l’art du souffle. Ce geste est le résultat d’une totale harmonie de tout ce que vous êtes au moment où vous le faites. Pour faire un trait de pinceau juste, j’en ai fait 150 avant. C’est un travail de méditation ! L’art est le reflet de ce qu’on est en vérité. Il n’y a pas que l’habileté manuelle qui compte, il y a l’âme que l’on met dedans.

 

 

Avez-vous aimé réaliser ce chemin de croix ?

Ça n’a pas été un plaisir, mais ça a été un travail très riche. Je considère que c’est une chance. J’ai médité avant chaque tableau. Ce travail m’a fait entrer dans le mystère du Christ. Je me suis posé tant de questions sur le mal, la Rédemption, le sens de la souffrance, ce qu’est l’homme… On entre vraiment dans un chemin de foi, j’ai eu le sentiment de retrouver des choses qui m’étaient familières, avec lesquelles j’étais tout à fait en harmonie.

 

 

 

Que signifie l’art sacré pour vous ?

Je différencie l’art sacré et l’art religieux, le premier étant au-dessus de l’autre. Une œuvre d’art sacré c’est une œuvre qui prend de la transcendance. Il peut exister un art religieux qui ne porte pas au sacré et qui se cantonne à de la représentation ou à du décor, et c’est bien sûr respectable. J’ai essayé ici de porter un récit à caractère à la fois historique et religieux en lui donnant une dimension sacrée.

 

De façon plus générale, l’art est un moyen de prendre son envol pour un voyage intérieur ; c'est dans cette perspective que je réalise mes œuvres, pour que chacun puisse se projeter dans mes tableaux et y poursuivre son rêve.

 

 

 Qu’est-ce que le firepainting sur cuivre ? C’est un technique originale mise au point par Olivier Julia, mêlant la patine au feu et le travail de peintre, née de son histoire personnelle, de ses expériences artistiques, de son vécu. Au moyen de pigments, d’huiles, d’essences, l’artiste révèle les signes du feu. « C’est un travail de peintre pour donner naissance à une œuvre à part, où l’on ne distingue plus la part de la main de celle de la flamme, où tout se fond dans un ensemble subtil et mystérieux. » Laurent Cadeau, Président de Maecene Arts

Plus d’infos sur : www.olivier-julia.com

 

 

 

 

 

 

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