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Dimanche 2 avril 2017 - 5ème dimanche de Carême – Année A

Rassemblement des 6èmes - Rocamadour

 

Chers amis, nous poursuivons notre route du Carême, commencée le mercredi des cendres. Chaque dimanche de ce temps de conversion, l’Evangile nous propose de regarder Jésus dans sa montée vers Jérusalem où il va être crucifié, être mis au tombeau et ressusciter le 3ème jour.

Ainsi, le 1er dimanche, nous avons regardé Jésus, au désert, jeûnant et priant, mais tenté par Satan ; et nous avons compris qu’avec Jésus pour ami, nous ne devions pas craindre d’affronter le combat spirituel pour lutter contre les forces du mal en nos cœurs ; nous avons compris que nous pouvions compter sur Jésus.

Le 2ème dimanche, nous sommes allés avec Jésus sur la montagne pour le voir transfiguré ; et avec les apôtres Pierre, Jacques et Jean, nous avons entendu la voix du Père : « celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le ! » ; et nous avons compris qu’en écoutant Jésus, nos cœurs aussi pouvaient être transfigurés.

Le 3ème dimanche, nous avons regardé Jésus rencontrant la samaritaine au puits de Jacob. Et nous avons compris qu’il est la véritable Source d’Eau vive, la source du Salut, et que si nous buvons de l’eau de sa Parole nous serons sauvés.

Le 4ème dimanche, nous avons vu Jésus guérir un aveugle de naissance et nous avons compris que Jésus est la vraie lumière sur le chemin de nos vies et que si nous nous laissons illuminés par sa parole de lumière, nous pouvons à notre tour être de petites lumières pour les autres, autour de nous.

Aujourd’hui, nous regardons Jésus qui se rend à Béthanie, près de Jérusalem, parce qu’il a appris la mort de son ami Lazare. Il va auprès des deux sœurs de Lazare, Marthe et Marie ; et chacune de ces deux sœurs lui dit la même chose : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ». Dans cette parole, il y a un sous-entendu : « tu n’étais pas là ».

Il peut nous arriver, dans une difficulté, une souffrance, une épreuve, un deuil, de penser que Dieu n’est pas là, que Jésus est absent. Où est-il ? Que fait-il ? Pourquoi ne vient-il pas m’aider, me secourir, me délivrer, me guérir ? En ces moments-là, nous éprouvons cruellement le silence de Dieu.

Que fait Jésus devant la tristesse de Marthe et de Marie ? Il leur parle d’Espérance, de résurrection. Et puis, il se rend au tombeau de Lazare. Et là, il se met à pleurer. Ces larmes de Jésus, ce sont les larmes de l’homme Jésus, mais ce sont aussi les larmes du Fils de Dieu, les larmes de Dieu. « Jésus n’est venu expliquer ni la souffrance ni la mort, disait le grand écrivain Paul Claudel, et encore moins les justifier, mais les remplir de sa présence ». Non, Dieu n’est pas absent de nos épreuves. Il pleure avec nous, comme Jésus pleurait avec les sœurs de Lazare devant la tombe de son ami. Les larmes de Jésus en disent plus long que beaucoup de discours. Elles nous parlent de la compassion de Dieu envers ses enfants éprouvés. Mais plus que les larmes, c’est la croix de Jésus qui en dit long sur Dieu. La mort de Jésus qui s’offre sur la croix pour sauver les hommes du péché, du mal et de la mort, nous révèle vraiment qui est Dieu et qui nous sommes pour Dieu. Jésus n’a-t-il pas dit : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » ? Sur le visage du Christ crucifié, nous est révélé le vrai visage de Dieu, le visage de l’amour infini.

Oui, je peux vraiment compter sur Jésus ! La réponse du Père à l’amour de Jésus qui s’offre sur la croix, c’est la résurrection. Dieu ressuscite son Fils et ainsi il devient le premier-né d’entre les morts pour nous ouvrir le chemin de la Vie éternelle. En ramenant Lazare à la vie, Jésus avait déjà donné le signe que Dieu peut ressusciter les morts. Mais le grand signe, c’est sa propre résurrection. Si nous croyons en lui, nous aussi nous ressusciterons avec lui.

C’est ce que nous allons célébrer à Pâques. C’est le cœur de notre foi. Dans les quelques jours qui restent du temps du Carême, préparons nos cœurs à accueillir la grande joie de Pâques, la joie du Christ ressuscité, la joie de croire que nous aussi nous serons un jour auprès de lui dans sa gloire. Que Notre-Dame accompagne notre marche !

+ Francis Bestion

Evêque de Tulle

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