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3 juin 2017 - Célébration de la confirmation -

Collégiale Saint Martin - Brive

Il n’y a pas, aujourd’hui, dans la Collégiale Saint-Martin, comme au Cénacle de Jérusalem, il y a 2000 ans, de violent coup de vent ni des langues de feu qui viendraient se poser sur la tête de nos jeunes qui vont recevoir le sacrement de la Confirmation, ni même sur les autres membres de notre assemblée…

Pas de vent, pas de feu, mais soyez en sûrs, l’Esprit Saint, lui, est bien là ! Il est forcément là, car sans lui, nous ne pourrions pas avoir la foi, nous ne pourrions pas croire. Vous avez dû remarquer que la conséquence immédiate de la venue du Saint Esprit sur les Apôtres, le jour de Pentecôte, c’est qu’ils se mettent à parler ! Parler, pas pour bavarder, mais pour dire les merveilles de Dieu. Et tout le monde est stupéfait que ces hommes sans instruction, peu doués pour faire des discours, soient devenus soudains des messagers, des porteurs de la Bonne Nouvelle du Salut pour tous les hommes. Ils parlent pour dire la Parole de Dieu.

Vous qui, par la Confirmation, allez recevoir l’Esprit de Pentecôte, vous commencerez par proclamer la foi de l’Eglise devant toute l’Assemblée. Qu’est-ce que la foi ? J’ai envie de vous dire simplement que la foi, c’est une histoire de Parole, de parole donnée et reçue. Dieu nous donne sa Parole, et il attend que nous lui donnions la nôtre. Au fond, c’est cela la foi. Dieu veut entrer en dialogue avec nous parce que sa relation avec nous est une relation d’Alliance.

Comment Dieu donne-t-il sa Parole ?

Très souvent, dans la Bible, il est dit que Dieu parle à des hommes et des femmes : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute », dit le jeune Samuel. Et, puis, il y a ce leitmotiv qui parcourt la Bible, qui est devenu la prière que les juifs, encore aujourd’hui, disent tous les jours : « Ecoute, Israël, Ecoute » ; s’il faut écouter, c’est parce que Dieu parle dans les cœurs.

Dieu parle, mais pour parler, il veut avoir besoin de prophètes, c’est-à-dire de porte-paroles qui vont dire la parole que Dieu leur inspire. Mais, surtout, Dieu est venu nous parler en son propre Fils qui a pris notre condition d’homme, pour nous révéler que Dieu est amour et que son seul désir c’est que tous les hommes viennent à lui. Jésus est la Parole éternelle du Père ; il a parlé aux hommes, mais surtout il a rendu aussi témoignage par le don de sa vie pour nous ; sa Parole a été d’abord un témoignage. Jésus disait ce qu’il faisait et faisait ce qu’il disait !

Et aujourd’hui, est-ce que Dieu se tait ? Non, Dieu nous parle encore et toujours en son Fils ; nous venons d’écouter la Parole de Dieu. Lire la Parole de Dieu, l’écouter, jour après jour, dimanche après dimanche, c’est découvrir ce que le Seigneur attend de nous. Et puis, Dieu nous parle aussi dans les évènements de notre vie et dans les évènements du monde.

Je prends deux exemples pour que vous compreniez bien ce que veut dire « écouter Dieu nous parler » :

- Lorsqu’on reçoit une lettre ou un message d’un ami, d’une amie, d’un proche, on le lit, on le relit et on se demande parfois : « qu’est-ce qu’il a voulu me dire ? » A travers quelques lignes écrites, on cherche la pensée de l’auteur, ses sentiments. Nous ne voyons pas cette personne ; elle ne nous parle pas avec sa bouche, nous ne l’entendons pas, et pourtant, il ou elle nous parle par ces quelques lignes. Eh bien, Dieu nous parle dès que nous ouvrons la Bible, les Evangiles, et que nous nous mettons à lire et surtout à écouter avec les oreilles de notre cœur. Si nous n’ouvrons jamais l’évangile, alors il ne faudra pas nous étonner que Dieu soit loin de nous ou plutôt que nous soyons loin de lui ! Quand j’ouvre la Bible et que je lis un passage, je dois me demander : « qu’est-ce que Dieu veut me dire, aujourd’hui, par ces paroles ? »

- Deuxième exemple : Lorsque vous avez vécu une rencontre avec quelqu’un, vous y repensez, vous relisez dans votre tête et votre cœur cette rencontre, et vous vous souvenez du comportement de la personne, de ce qu’elle vous a dit… Autrement dit, en relisant les évènements de notre vie, de la vie du monde, nous pouvons découvrir, si nous apprenons la délicatesse du cœur, ce que Dieu veut bien nous dire. Dieu ne crée pas les évènements, mais à travers les évènements, comme à travers sa Parole dans la Bible, il me parle, il me fait signe à moi, à toi, personnellement. Et si Dieu fait signe, ce n’est pas pour dire des banalités, c’est pour plus d’amour, plus de paix, plus de joie, plus de justice, plus de réconciliation dans les cœurs !

Dieu nous fait signe, mais il nous laisse libres d’interpréter ces signes, de même qu’il nous laisse libres d’écouter sa Parole.

 

Voilà la manière dont Dieu nous donne sa parole ; mais ensuite, il y a le deuxième volet : Dieu attend que nous donnions notre propre parole.

Nous avons commencé à le faire à notre baptême. Là, il nous a été manifesté que nous étions uniques au yeux de Dieu ; nous avons reçu un prénom. Nous avons été reconnus par l’Eglise comme enfants de Dieu, frères et sœurs de Jésus-Christ, animés de son Esprit Saint ; et la communauté nous a accueillis pour nous aider dans cette vie de relation filiale et fraternelle. Bien sûr, la plupart d’entre nous, nous étions des bébés ou des petits enfants, et ce sont nos parents qui, en notre nom, ont fait profession de foi et se sont engagés dans cette foi ; ils ont donné leur parole.

Aujourd’hui, le moment est venu pour vous d’être invités à donner votre parole à Dieu ; vous l’avez déjà fait en allant au catéchisme, en faisant la communion, la profession de foi, mais aujourd’hui – parce que vous avez grandi, que vous êtes davantage responsables – vous professez, personnellement et à nouveau, la foi de l’Eglise, et vous dites au Seigneur, devant la communauté, que vous voulez aussi donner votre parole à Dieu.

Les Apôtres, le jour de la pentecôte, ont donné leur parole grâce à l’Esprit Saint ; ils ont témoigné de leur foi, ils sont sortis de leur petit monde, de leur peur… La foi c’est toujours croire sur Parole ; les Apôtres ont cru à la Parole de Jésus, ils ont cru à sa Résurrection et ils sont partis porter la Bonne Nouvelle sur les routes du monde, jusqu’à signer cette parole de leur sang. Aujourd’hui, le monde a encore besoin de témoins qui vivent ce qu’ils disent.

Vous qui allez recevoir le sacrement de confirmation, vous allez donner votre parole à Celui qui vous a donné la sienne, le Seigneur, notre Dieu. Ce n’est pas un aboutissement, c’est un nouveau point de départ. Et vous tous, qui êtes là pour entourer ces jeunes, puisse l’Esprit Saint, en cette fête de Pentecôte, venir reposer sur vous pour que vous désiriez vraiment vous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu et que vous puissiez lui donner votre parole. C’est cela la foi. Dieu nous parle chaque jour et il attend que nous lui donnions notre parole par le témoignage de nos vies. Il attend que, par nos vies, nous disions ses merveilles.

Dans les lettres que vous m’avez écrites, chers confirmands, j’ai remarqué que vous ne parliez pas beaucoup de l’Eglise. Je n’en déduis pas pour autant que vous ignorez ce qu’est l’Eglise et que vous êtes membres de cette Eglise dont vous êtes devenus les fils et les filles par le baptême. Dans la réponse que je vous ai écrite, j’ai souligné qu’on ne peut pas être chrétien tout seul. On est chrétien dans la famille Eglise. De même qu’on est fils ou fille, frère et sœur, dans la famille de sang, on est fils et filles, frères et sœurs, dans la famille Eglise. La Pentecôte, c’est l’envoi de l’Esprit Saint sur les Apôtres pour que naisse l’Eglise. L’Esprit souffle et l’Eglise est née. Elle n’est pas née pour elle-même ; elle est née pour le service de l’Esprit ; elle est service de l’Esprit pour le monde. Aujourd’hui, nouvelle Pentecôte de l’Esprit et de l’Eglise pour vous confirmands, pour nous tous baptisés-confirmés, c’est encore la Pâque du Christ qui prend feu pour se communiquer aux hommes et aux femmes de ce monde.

Le don de l’Esprit en plénitude par le sacrement de Confirmation ce n’est pas une petite affaire entre Dieu et vous ! C’est la grande affaire de l’Eglise ! Certes l’Esprit est donné à chacun d’entre vous, mais pour que, par vous, à travers vous, l’Eglise poursuive sa mission de communiquer la Pâque de Jésus à d’autres, d’annoncer au monde la Bonne Nouvelle du Salut. La Confirmation fait de vous des témoins, des envoyés, en Eglise, pour que l’Evangile du Christ, l’Evangile de la joie, l’Espérance du salut, la charité de Dieu soient répandus dans les cœurs de ceux que vous côtoyez chaque jour, de ceux que le Seigneur mettra sur votre route.

Aujourd’hui les évêques qui sont les successeurs des Apôtres ont besoin de collaborateurs pour la mission que le Seigneur leur a confiée. Comme évêque de Tulle, j’ai besoin d’ouvriers de l’Evangile. Je compte sur vous. Peut-être le Seigneur appelle-t-il ou appellera-t-il certains d’entre vous pour être prêtre, religieux ou religieuse. N’enfouissez pas cet appel. Parlez-en à un prêtre qui vous aidera à discerner.

Frères et sœurs, demandons la grâce de l’Esprit-Saint pour chacun de nous, pour nos communautés chrétiennes, pour notre Eglise ! Demandons-la sans nous lasser, demandons-la sans cesse ! Devenons humbles pour que cet Esprit du Père et du Fils puisse vraiment venir en nos âmes et qu’en transformant nos cœurs il transforme le monde ! Amen.

+ Francis BESTION

Evêque de Tulle

 

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