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14 mai 2017 - 5ème dimanche De Pâques - Année A

Confirmation - Meyssac

Nous connaissons tous l’Apôtre Thomas à cause de son incrédulité » restée célèbre. Il n’était pas là quand Jésus Ressuscité est apparu au groupe des Apôtres. Et lorsqu’ils lui rapportent qu’ils ont vu le Christ ressuscité, il refuse de croire : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas ». Huit jours plus tard, Jésus ressuscité apparaît à nouveau à ses disciples, et cette fois-ci Thomas est là. Jésus l’interpelle : « Regarde, c’est bien moi, avance ta main et touche mon côté ; ne sois pas incrédule et deviens un homme de foi ». Et Thomas prononce alors une magnifique profession de foi : « Mon Seigneur et mon Dieu ». L’épisode se conclut par une béatitude adressée par Jésus à toutes les générations futures et donc à nous, aujourd’hui, chrétiens du XXIème siècle : « Heureux ceux qui croiront sans avoir vu ! » Autrement dit, Jésus nous proclame bienheureux parce que nous avons foi en lui, le Ressuscité, même si nous ne le voyons pas. On pourrait presque dire merci à Thomas d’avoir douté parce que cela nous a valu cette magnifique béatitude !

Aujourd’hui encore, dans l’Evangile, c’est le même Thomas qui nous vaut encore une autre parole de Jésus qui a nourri la foi de tant de chrétiens depuis 2000 ans et qui nourrit la nôtre aujourd’hui.

Alors que Jésus promet aux disciples qu’ils le rejoindront un jour là où il va s’en aller, et qu’ils connaissent le chemin, notre ami Thomas s’étonne : « Voyons, Jésus, nous ne savons même pas où tu vas… et tu voudrais que nous connaissions le chemin pour y aller… ! » Reconnaissons que Thomas fait preuve d’esprit logique. On l’admire car il pose les questions que nous aussi nous aurions sûrement posées à Jésus. Mais on l’admire surtout parce que sa remarque nous a permis d’obtenir une réponse sublime de Jésus : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi ».

Non seulement nous apprenons notre destinée future – nous allons vers le Père – mais nous savons aussi quel chemin il faut prendre pour y aller. Ce chemin, c’est Jésus lui-même.

Thomas voulait savoir où allait Jésus pour s’enquérir ensuite du chemin. C’est logique. Mais Jésus inverse la perspective : il faut d’abord emprunter le chemin et ensuite se révèlera clairement le lieu où il nous attend et nous accueillera. Le chemin, c’est Lui ! Le chemin du chrétien, chers jeunes qui allaient recevoir le sacrement de confirmation, ce n’est pas une sagesse, ce ne sont pas des idées ou des principes, ni même des méthodes… Le chemin, c’est Jésus-Christ ! Si Jésus est votre ami, s’il est votre compagnon de route, si vous ne lui lâchez pas la main, alors vous êtes sûrs d’être sur le chemin qui mène à la vie éternelle, qui mène au Père ; vous êtes sûrs d’être dans la vérité.

Il y a des adultes qui veulent enseigner aux enfants et aux jeunes des valeurs. C’est très louable ; qui le leur reprocherait ? Mais les valeurs ne répondent pas au désir ultime de l’homme. Je vous pose la question : avez-vous déjà vu une valeur qui a sauvé quelqu’un ? Moi, je n’en ai jamais vu. Jésus, lui, a donné sa vie pour nous sauver. Encore aujourd’hui, il y a des personnes qui donnent leur vie pour ‘sauver’ d’autres personnes. C’est rare, mais ça arrive. Cependant, nous savons bien qu’il s’agit davantage d’un sauvetage que du salut, car ces personnes finiront pas mourir un jour. Jésus, lui, a donné sa vie et, parce qu’il est le Fils de Dieu, son sacrifice a été d’un prix sans égal ; et c’est pour cela qu’il a été ressuscité par Dieu son Père et que sa mort et sa résurrection nous ont ouvert à nous aussi les portes de la vie éternelle ; il est le premier-né d’entre les morts pour que l’humanité entière puisse espérer vivre de sa vie.

Mes amis, peut-être certains d’entre vous sont comme Thomas : ils aimeraient bien voir déjà le but de la route. Un peu comme l’autre Apôtre, Philippe, qui demande : « Montre-nous le Père ». Mais Jésus nous dit qu’il est le chemin. C’est tout de même mieux ! Imaginez que je vous montre un lieu merveilleux à l’autre bout du monde, mais que vous n’ayez absolument aucun chemin, aucune route pour vous y rendre… Ca ne servirait à rien que je vous montre ce lieu. Eh bien avec Jésus, nous avons, à la fois, le moyen et le but : « Je suis le chemin » et « celui qui me voit celui-là voit le Père ». Autrement dit : « qui a Jésus a tout » ! Si nous adhérons vraiment à Jésus, s’il est notre ami, alors, nous pouvons goûter déjà aux joies de la Maison du Père, puisque le Père et Lui ne font qu’un.

Chers jeunes, depuis le jour de votre baptême, vous êtes sur le chemin de la Vie éternelle, puisque Jésus est le chemin, mais il vous manque encore de recevoir la force du Saint-Esprit. Il y a le Père et le Fils, mais il y a aussi le Saint-Esprit. C’est un seul Dieu, en trois personnes, comme vous allez le proclamer dans quelques instants avec toute l’Assemblée. C’est notre foi. De même que l’Esprit-Saint est venu sur les Apôtres le jour de la Pentecôte et qu’ainsi l’Eglise est née et que les Apôtres ont été remplis d’une force extraordinaire pour aller porter partout le message de l’Evangile, de même il vient sur vous aujourd’hui. Je vais vous imposer les mains et puis, je marquerai vos fronts avec le Saint-Chrême en disant : « Sois marqué de l’Esprit-Saint, le don de Dieu ». Par le ministère de l’Evêque, successeur des Apôtres, l’Esprit-Saint vous est donné aujourd’hui, pour parachever votre initiation chrétienne et pour que, désormais, vous soyez équipés pour affronter le combat de la foi. Vous avez Jésus comme chemin, comme vérité et comme vie et vous aurez l’Esprit Saint comme défenseur, comme avocat, comme conseil.

Ne cherchez pas, comme Thomas, à connaître déjà le bout du chemin. Avancez simplement, un pas devant l’autre, jour après jour. Comme le disait le cardinal Newman : « je ne demande pas à voir l’horizon lointain ; un seul pas me suffit ». Avancez sans peur, pour être « des pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel », comme le dit l’Apôtre saint-Pierre. L’Eglise a besoin de pierres vivantes qui viennent s’agréger, au fil des générations, à l’unique pierre angulaire, Jésus-Christ. C’est l’Esprit-Saint qui construit l’Eglise avec les pierres vivantes que nous sommes, grâce aux sacrements de la foi, grâce à la charité qui a été répandue dans nos cœurs pour que nous aimions comme Jésus nous aime, et grâce à l’Espérance qui ne déçoit pas puisqu’elle est l’Espérance de la vie éternelle. Amen

 

+ Francis Bestion

Evêque de Tulle

 

 

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