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8 décembre 2015 - Solennité de l'Immaculée conception de la Bienheureuse Vierge Marie

Eglise du Sacré-Cœur des Rosiers – Brive

Frères et sœurs, aujourd'hui, en la solennité de l'Immaculée conception de la Bienheureuse Vierge Marie, le Saint-Père a ouvert la Porte sainte du Jubilé de la Miséricorde, à la Basilique Saint-Pierre de Rome. Je l'ouvrirai dimanche à la Cathédrale de Tulle. L'Eglise universelle est invitée à entrer dans l'accueil de la grâce de ce Jubilé – grâce de pardon reçu et donné – afin de devenir miséricordieux comme notre Père du Ciel.

Ce n'est pas un hasard que l'Année sainte extraordinaire s'ouvre à Rome en ce jour de la fête de l'Immaculée ; en choisissant cette date, le pape nous invite à regarder en Marie, la "mater misericordiae", "la mère de miséricorde", selon l'expression de l'Hymne du Salve Regina.

Dire de Marie qu'elle est Mère de miséricorde pourrait nous surprendre au premier abord, comme si cette manière de parler plaçait la Sainte Vierge au niveau de Dieu lui-même, le Père miséricordieux. Il est évident que ce serait une erreur profonde de mettre sur un pied d'égalité la miséricorde en Dieu et la miséricorde que nous reconnaissons en Marie. En effet, en Dieu, la miséricorde n'est pas seulement un attribut parmi d'autres, mais elle dit ce qui constitue la Nature même de Dieu, ce que Dieu est en lui-même. La miséricorde divine, telle qu'elle nous est révélée dans la Sainte Ecriture, nous fait contempler le Cœur de Dieu. Le sommet de cette Révélation étant le Mystère même du Christ offrant sa vie sur la Croix pour nous sauver du péché, du mal et de la mort. De son cœur transpercé jaillissent le Sang et l'Eau, afin que tous les hommes puissent venir puiser aux sources vives du Salut. La miséricorde, qui est un autre nom de l'Amour, nous dévoile le vrai Nom de Dieu, qui est Dieu, et qui nous sommes pour Dieu. Lorsque nous disons que "Dieu est miséricorde", nous ne disons pas autre chose que ce que l'Apôtre saint Jean répète dans ses écrits : "Dieu est amour". Cependant, le mot de "miséricorde" veut indiquer de quelle profondeur Dieu nous aime. C'est un mot de genre féminin et ce n'est pas pour rien, car il veut signifier qu'en Dieu il y a quelque chose de maternel, que son amour relève de la tendresse d'une mère pour ses enfants. C'est ce qui faisait dire à un enfant du catéchisme que Dieu est un papa qui nous aime comme une maman !

Nous devons aussi comprendre autre chose : dire que "Dieu est amour", dire qu'il "est miséricorde" n'est pas exactement la même chose que de dire que "Dieu aime" ou qu'il "fait miséricorde". C'est si vrai qu'on ne dira jamais d'une créature humaine – fut-elle la plus sainte, comme la Vierge Marie – qu'elle est amour ; on dira seulement qu'elle aime.

Mais alors, frères et sœurs, que signifie l'expression "mère de miséricorde", présente dans l'hymne du Salve Regina ?

Elle nous dit d'abord que celle qui a eu le privilège de porter en son Sein le Verbe de Dieu, par lequel toutes choses ont été créées, et qui, pour être digne de cette élection et de cette mission absolument uniques, a été préservée du péché originel, a été conçue sans le péché originel, a reçu de ce fait même le titre premier de "Mère de Dieu" ; et parce qu'on peut dire d'elle qu'elle est la Mère de Dieu (puisque Jésus est vrai Dieu et vrai homme), il est bien normal qu'on dise d'elle qu'elle est Mère de miséricorde. Elle est mère de miséricorde parce qu'elle a porté en elle le fruit parfait et éternel de la miséricorde divine qui n'est autre que le Verbe éternel, le Fils éternel de Dieu, engendré et non pas créé, de même substance que le Père. Elle est mère de miséricorde parce que, dans sa maternité, elle est associée d'une manière unique à la miséricorde divine qui va jusqu'à prendre chair dans l'humanité, en la personne du Fils, pour pouvoir sauver ceux que le péché de leurs premiers parents avait comme enfermés dans la désobéissance. Elle est mère de miséricorde parce qu'elle a été témoin, de façon tout-à-fait unique, comme mère et première disciple de Jésus, de son ministère de guérison, de salut auprès des petits, des pauvres, des blessés, des mal aimés, des rejetés et qu'elle l'a accompagné jusqu'à la croix, en se tenant debout au pied de la croix, alors que tout le monde ou presque l'avait abandonné. Elle est mère de miséricorde parce qu'elle a recueilli le testament de miséricorde de son fils : "ma vie, nul le prend, mais c'est moi qui la donne" ; "Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font". Après avoir été le premier berceau de Jésus, la Vierge immaculée a été comme la première 'Coupe', le premier 'Calice' qui a reçu l'abondance de la grâce rédemptrice se répandant sur Calvaire où le Fils de Dieu rachetait le monde par sa sainte Croix.

Oui, Frères et sœurs, en tout cela, la Mère de Dieu, la Mère de l'Eglise, notre Mère à tous, est bien la plus qualifiée pour nous témoigner la miséricorde infinie du Cœur de Dieu, en son Fils donnant sa vie pour nous. Elle est bien la plus qualifiée pour nous prendre sous son manteau de tendresse – manteau dont l'a revêtue le Tout-Puissant miséricordieux. Elle est bien la plus qualifiée pour intercéder pour nous auprès de son Fils miséricordieux. Elle, la mater misericordiae, est bien la plus qualifiée pour nous conduire sur les chemins de la miséricorde pour qu'à l'image de son fils, nous devenions nous mêmes miséricordieux comme le Père.

Frères et sœurs, alors que s'ouvre pour nous la Porte de la Miséricorde en cette année sainte de grâce, que la Vierge Immaculée soit notre modèle, notre soutien, notre consolation, notre avocate, pour que nous nous laissions transformer, guérir, pardonner par la grâce de la miséricorde divine et que nous devenions des artisans de cette miséricorde, des passeurs du don reçu pour ceux et celles qui en sont les mendiants. Qu'elle soit pour toutes les familles, surtout celles qui sont blessées, la Mère miséricordieuse qui console et redonne l'Espérance. Amen.

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