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Lundi 18 août 2014 - Pèlerinage à Lourdes

Célébration d’Accueil - Chapelle Mater Dolorosa

« Les petits et les pauvres cherchent de l’eau. Leur langue est desséchée par la soif » (Is 41, 17). Tel est le constat du prophète Isaïe. Frères et sœurs, combien de personnes assoiffées, dans notre monde ! Que de soifs inassouvies ! Soifs de bien-être, soifs de dignité, soifs de justice, soifs de bonheur, soifs de paix, soifs de respect…

Beaucoup voudraient sûrement trouver la source miraculeuse où ils pourraient enfin étancher leurs soifs. Malheureusement, soit ils n’ont aucune idée de son existence, soit ils ignorent le chemin pour y parvenir, soit ils sont empêchés d’y accéder, soit encore ils refusent, par peur, par idéologie, par orgueil, de s’en approcher.

Beaucoup, aujourd’hui comme hier, croient pouvoir étancher leur soif à toutes sortes de puits ou de fontaines, mais ce ne sont le plus souvent que des points d’eau artificiels qui se tarissent vite et ne parviennent donc pas à apaiser leur soif d’absolu. Ils ressemblent à cette femme de Samarie qui vient puiser de l’eau au puits de Jacob et qui s’entend dire par Jésus : « Quiconque boit de cette eau aura soif à nouveau ».

En fait, l’Homme est un être assoiffé d’absolu. Parce qu’il a été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, il porte en lui, au plus profond de son âme, le désir de Dieu, la soif de Dieu, même s’il ne le sait pas ou s’il ne veut pas le savoir. Saint Augustin qui avait tant erré de système philosophique en système philosophique, de sagesse en sagesse, lorsqu’il eut enfin trouvé la vraie Source, pouvait dire : « notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en Toi, Seigneur ». Tant que l’Homme n’a pas découvert cette vraie Source, tant qu’il n’a pas trouvé Dieu et l’Amour de Dieu en son Fils Jésus Christ, il va de fontaine en fontaine, quand ce n’est pas de marécage en marécage, en tirant la langue, sans jamais parvenir à calmer sa soif, sans que son désir d’Absolu soit comblé. Il ressemble à ceux qui s’ennuient devant leur pose de télévision et qui ne cessent de zapper d’une chaîne à l’autre parce qu’ils ne trouvent aucun programme qui satisfasse leur curiosité.

Frères et sœurs, si nous sommes venus à Lourdes, en pèlerins, c’est parce que nous savons où est la Source, la Source qui ne se tarit pas. Nous le savons parce que nous avons été plongés dans l’eau de cette Source vivifiante, au jour de notre baptême. Et depuis, nous n’avons cessé de boire de l’eau de cette fontaine de la Vie. Qui boira de l’eau que je lui donnerai, dit Jésus à la Samaritaine, n’aura plus jamais soif ».

Nous ne venons pas ici, à Lourdes, parce que nous serions encore à la recherche d’une source magique ou miraculeuse. Nous l’avons déjà trouvée et nous venons encore nous y abreuver. Notre Source, c’est le Christ ! Jésus, mort et ressuscité pour que nous ayons la Vie en abondance ! Il est « le chemin, la vérité et la vie ». Il ne cesse de nous dire : « venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau et moi je vous procurerai le repos ». L’eau de cette Source vivifiante, nous en buvons depuis notre baptême, en puisant à la fontaine de la Parole de Dieu et des sacrements du salut.

Les pèlerins ne sont pas des errants ; ce ne sont pas des zappeurs ! S’ils continuent cependant de marcher en pèlerins c’est parce qu’ils veulent encore et toujours suivre Jésus, mettre leurs pas dans les siens. « Celui qui veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ». Comme cette renonciation à soi-même et ce chemin de croix sont l’œuvre, non pas d’un moment, mais de toute une vie, nous sommes des éternels pèlerins. Je le répète, non pas des errants, mais des pèlerins !

En venant à Lourdes où la Mère du Sauveur, l’Immaculée Conception, est apparue à Bernadette, nous sommes comme des petits et des pauvres, à l’image de l’humble voyante Bernadette, qui avons encore et toujours soif de la vraie Vie. Nous n’avons plus soif de succédanés, d’eaux frelatés ; non ! Mais nous avons soif de l’eau véritable pour poursuivre notre chemin de conversion, dans la joie ; nous avons soif de l’eau véritable qu’est l’amour miséricordieux de Jésus devenant en nous source d’eau jaillissante en vie éternelle.

Ici, à la Grotte de Massabielle, l’eau que nous buvons, dont nous nous lavons le visage, l’eau des piscines où nous sommes baignés est le signe de cette Eau jaillissant du Cœur du Christ d’où l’Eglise est née et, avec elle, les sacrements du salut. En buvant l’eau de la grotte, en nous y lavant, nous accomplissons humblement les gestes que fit Bernadette, et, en cela, nous signifions, comme elle, que nous avons encore et toujours besoin de nous purifier de nos péchés pour correspondre à la grâce de note baptême, pour parvenir au but du chemin de sainteté sur lequel nous a placé le don du baptême. Tant que nous serons sur cette terre, nous resterons des pèlerins, nous resterons des mendiants de la grâce, des assoiffés de pardon et de miséricorde, des assoiffés de guérison du corps, de l’âme et de l’esprit.

Parce que nous avons trouvé la Source, parce que nous voulons toujours plus vivre de la Vie du Ressuscité, nous restons des mendiants de l’Amour divin, nous restons des pèlerins de la bonté de Jésus, de la beauté de Jésus, de la vérité de Jésus.

Que Notre Dame de Lourdes, notre Mère du Ciel, nous guide, comme elle guida si délicatement la petite Bernadette, vers Celui qui étanche toute soif, vers Celui dont le pardon guérit de la lèpre du péché, vers Celui qui est la Source de notre joie. Amen.

 

+ Francis Bestion

Evêque de Tulle