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12 octobre 2014 - 28ème dimanche du Temps ordinaire – Année A

Kermesse d'Ussel

Frères et sœurs, l'eucharistie que nous célébrons est le signe du festin de noces que Dieu a préparé pour l'humanité ; elle en est le signe et la préfiguration. De même que la prophétie d'Isaïe, plusieurs siècles avant Jésus-Christ, annonçait ce festin préparé par Dieu pour tous les peuples.

Et pourtant, pourtant, le Roi de la Noce a du mal à trouver des invités pour ce banquet… Quel contraste entre la généreuse et large invitation de ce Roi et l'indifférence, la mesquinerie, la goujaterie de ces hommes et femmes qui refusent de se rendre au repas de noce ! Ils sont attendus avec amour et même impatience par le roi qui a tout fait préparé pour les accueillir, mais voilà ils ne répondent pas…

Ils savent qu'il y a une fête, mais peut-être peinent-ils à en percevoir les signes ? Ils ont sûrement du mal à entendre les chants et les rires joyeux de la fête…

Frères et sœurs, ces invités de la noce de ce fils de roi, ne trouvez-vous pas qu'ils ressemblent étrangement à l'immense foule de nos contemporains que nous voudrions bien accueillir dans nos églises le dimanche, mais qui, hélas, ne viennent pas ? Sont-ils devenus sourds ? Sont-ils blasés et indifférents aux appels de l'Eglise ? Ou bien serait-ce que le signe de notre noce ne les intéresse pas vraiment ? Ou bien encore ont-ils du mal à franchir le seuil de nos églises parce qu'ils ne peuvent pas imaginer qu'ils entrent dans une salle de noces pour une fête ?

Frères et sœurs, allons-nous nous résigner devant ce constat ? Allons-nous baisser les bras, comme s'il y avait une sorte de fatalité dans cet état de fait ? En tout cas, ce n'est pas l'attitude du roi de la parabole ; lui, ne se résigne pas ; il envoie des serviteurs aux croisées des chemins pour essayer de rassembler tous ceux qui passeront par là, les mauvais comme les bons ! C'est une manière de nous dire que l'amour de Dieu ne s'accommodera jamais des refus qui se sont endurcis, des indifférences qui se sont installées, des barrières qui ont été posées, des écrans qui se sont interposés, des ignorances qui se sont accumulées. Vraiment, il veut que tous les hommes puissent participer au festin de son Royaume et il attend de nous que la générosité de notre cœur soit à la hauteur de cette noce magnifique qu'il offre.

Frères et sœurs, ces invités potentiels, ces invités tant attendus par le Seigneur au festin de son Royaume, qui va leur faire savoir la Bonne Nouvelle de la noce ? Eh bien, nous devons comprendre que nous sommes les serviteurs que le roi envoie aux croisées des chemins pour faire signe à tous les passants.

Allez-vous sortir dans les rues d'Ussel et des villages environnants pour interpeller ceux qui n'ont pas encore entendu l'invitation ? Pourquoi pas ? Lorsque j'étais formateur au Séminaire de Toulouse, chaque année, la paroisse étudiante organisait une semaine missionnaire où les jeunes étudiants catholiques (et les séminaristes se joignaient à eux) allaient frapper aux portes des immeubles et des maisons pour parler de Jésus et de l'Evangile à leurs habitants. Après tout, on ne perd rien d'essayer ! Cependant, je doute que la plupart d'entre vous soyez prêts à ce genre de mission… En revanche, sans aller nécessairement frapper aux portes, nous ne sommes pas dispensés de devenir ces serviteurs de la noce qui, par notre manière d'être et de vivre, par la façon dont nous affrontons les conditions de notre existence, pouvons témoigner de la joie que nous portons en nos cœurs. C'est bien dans le quotidien de notre vie que nous devons apprendre à être des hommes et des femmes libres et responsables pour assumer la condition humaine, avec ses joies et ses peines, ses difficultés, ses échecs, ses réussites, ses douleurs, d'une manière telle que les gens qui nous entourent et nous voient se demandent : "D'où vient cette force qui les habite, d'où vient leur joie, d'où vient leur charité ? D'où vient que la maladie et les épreuves ne les détournent pas de la certitude qui habite leur cœur qu'ils sont aimés de Dieu pour toujours et qu'ils vivent dans l'espérance d'une vie éternelle ?"

Si notre vie est ainsi illuminée de la joie du Christ, de la joie de l'Evangile, si dans les diverses circonstances, nous apportons ce témoignage d'être des serviteurs joyeux de la noce, des convives sereins d'être aimés de notre Dieu, alors, certainement, beaucoup seront prêts à accueillir notre invitation, à venir voir et peut-être même à désirer boire avec nous le vin des noces de l'Agneau pour entrer aussi dans sa joie.

En ce jour de kermesse, de fête pour la paroisse, demandons la grâce que notre communauté soit vraiment le signe des noces éternelles, que nos agapes fraternelles soient toujours le signe de la grande "agape" du Royaume de Dieu, de l'invitation large et généreuse de notre Dieu à faire participer tous les hommes à la joie des noces divines avec l'humanité. Amen.

 

+ Francis Bestion

Evêque de Tulle