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Retour sur l’Assemblée des Evêques, à Lourdes

Edito de l'Eglise en Corrèze - décembre 2017

            Avec mes frères évêques de France, j’ai participé à l’Assemblée plénière de Lourdes, du 3 au 8 novembre.       Les cinq jours d’Assemblée ont été bien remplis ; nous avons examiné plusieurs dossiers importants : la formation au ministère sacerdotal, la préparation du Synode romain des évêques en octobre 2018 ; la réforme des structures de notre Conférence épiscopale.

            Je ne peux pas ici les évoquer tous ; je ne retiens que celui du Synode des Evêques 2018, « les jeunes, la foi et le discernement des vocations ».

            Mgr Laurent Percerou, Evêque de Moulins, Président du Conseil pour la pastorale des jeunes, nous a présenté la synthèse des réponses des jeunes de France (16 ans à 29 ans) au questionnaire du document préparatoire au Synode – synthèse élaborée par le Conseil et le Service national de la Pastorale des jeunes. Il s’agissait de rendre utilisables les 450 pages de contributions reçues des diocèses, des communautés religieuses, des mouvements et de l’Enseignement catholique ! Il m’est impossible de vous présenter de manière exhaustive ce document et même d’essayer de le résumer. Je me contente d’énumérer quelques points qui ont attiré mon attention et qui doivent permettre de mener une réflexion au sein du groupe des acteurs de notre pastorale des jeunes – prêtres, laïcs et consacrés – en direction de la tranche d’âge des 19-26 ans.

            1. Principaux défis et opportunités pour les jeunes de notre pays :

              Dans une société mouvante, sécularisée et plurielle, éclatée et complexe, qui génère inquiétude et insécurité, générant une absence ou une pluralité de repères, sont relevés de manière massive le défi de construire son identité, de poser des choix, de se connaître et d’unifier sa vie. Est aussi soulignée l’existence d’une très forte pression sur les études et la réussite scolaire, de par un système éducatif anxiogène et un contexte socio-économique qui génère chômage et difficultés d’insertion. Du coup un défi majeur est celui de « trouver sa place dans la société ». Par ailleurs, notre société de consommation et de communication, d’hyper connexion et de divertissement, génère de l’isolement et de la solitude, et pose comme grands défis ceux de l’intériorité et de la relation, de la persévérance et de l’engagement dans la durée. Construire et affermir sa foi, dans un monde pluri-culturel et pluri-religieux, dans une société marquée par le laïcisme, restent aussi de grands défis. Sont relevés comme opportunités : la curiosité et l’ouverture sur le monde, la capacité de créativité, la soif d’aventure et d’engagement, la quête de sens et, pour beaucoup, une vraie recherche spirituelle ; mais aussi, l’aspiration à une vie plus simple et plus authentique, la générosité et l’audace, la liberté de choisir sa religion.

            2. Types et lieux d’associations de jeunes ayant davantage de succès dans le milieu ecclésial ? Les grands rassemblements et les pèlerinages rencontrent le plus grand succès. La pastorale ordinaire se vit dans les aumôneries, l’enseignement catholique, et surtout le scoutisme (cité dans toutes les contributions). En paroisse, le service liturgique permet à de nombreux jeunes de s’impliquer dans les célébrations (services de l’autel, animation musicale). La recherche de la beauté dans la liturgie explique également le succès auprès des jeunes de paroisses confiées à des communautés nouvelles. Les activités caritatives sont aussi des lieux dans lesquels se retrouvent des jeunes. Ils aiment et recherchent la fraternité, le vivre-ensemble et la vie communautaire. Les activités qui allient spiritualité et sport connaissent un certain engouement (ex. : « pélés VTT », patronages). « Les propositions les plus vivantes reposent sur la dimension fraternelle, la prise en compte de la dimension intégrale de la personne, les possibilités de progresser (croissance personnelle). Les jeunes ont besoin d’être acteurs et décideurs de projets, en lien avec les prêtres et les équipes pastorales ».

 

            Je vous souhaite un bon temps de l’Avent et déjà une joyeuse fête de Noël !

 

                                                                                               + Francis, évêque de Tulle