
Dans les villages d’antan, le lavoir était le lieu central de la rencontre et de la Parole où s’échangeaient les commérages et les petits potins.
Aujourd’hui, le monde est devenu village. Le silence s’est abattu sur le lavoir, témoin d’une époque révolue. La Parole s’est envolée. Progressivement, notre société a vu croître fortement les médias et les nouvelles technologies à la portée de tous. Internet et les réseaux sociaux permettent maintenant de communiquer de plus en plus vite et de plus en plus loin.
Pourtant, le « Faire savoir » est un art difficile qui nécessite un vrai « Savoir faire ». Dans son message pour la 46° journée des communications sociales, le Pape Benoît XVI écrit d’ailleurs que « s’éduquer à la communication veut dire apprendre à écouter et à contempler ». Mais le Pape en appelle aussi à se taire, pour laisser l’autre parler : « Dans le silence, nous écoutons et nous nous connaissons mieux nous-mêmes. Le silence fait partie intégrante de la communication et sans lui, aucune Parole riche de sens ne peut exister ! ».
Dans un monde submergé par le flux incessant de paroles, cette invitation au silence n’est-elle pas essentielle ? Là où les messages et l’information se bousculent, le silence n’est-il pas indispensable pour discerner ce qui est utile et ce qui est superflu ? Dans notre mission de baptisés, cette attention portée à l’autre n’est-elle pas primordiale pour créer une relation humaine plus profonde et plus vraie ?

Ainsi, le grand lavoir du monde deviendra t-il un espace où doit nécessairement s’exprimer le dur labeur des hommes de ce temps, mais aussi où doivent s’entendre dans le respect de tous, les nouvelles des uns et des autres, pour mieux se connaître et mieux se comprendre.
Jean-François VARNOUX (Délégué Épiscopal à l’Information du diocèse de Limoges)
